Le Soleil
3 janvier 2004
Meriem Benchabane, chercheur en biotechnologie La recherche, c'est une histoire de famille chez les Benchabane
"Mon père et ma grande seour sont chercheurs", indique Meriem Benchabane, une étudiante au doctorat à l'Université Laval. C'est sans doute l'un des facteurs qui ont poussé cette jeune première à faire une carrière en recherche. "Mon ambition, c'est de faire ma marque, d'avoir un impact sur la vie des gens, de découvrir quelque chose de grand", dit-elle d'une voix douce.
Et Meriem semble plutôt bien partie pour ouvrir de nouveaux horizons de recherche en biotechnologie. Elle s'emploie à produire à partir de pommes de terre des protétines complexes qui pourraient éventuellement servir au traitement médical de l'emphysème, des cirrhoses et même de la maladie d'Alzheimer.
"Ce sont des recherches très prometteuses et elle a la motivation et les aptitudes pour les mener jusqu'au bout", dit Dominique Michaud, professeur du département de phytologie et de biotechnologie moléculaire à l'Université Laval. La jeune étudiante au doctorat a d'ailleurs récemment reçu une bourse prestigieuse décernée par le Conseil de l'information en biotechnologies du Canada pour ses recherches. Elle est une des rares jeunes Canadiennes à travailler dans le domaine très prometteur des biotechnologies, qui vise à produire de façon économique des protéines à partir des plantes. Plus précisément, elle modifie génétiquement des pommes de terre, non pas pour les rendre plus résistantes aux insectes, mais plutôt pour qu'elles produisent des serpines- un groupe de protéines qui pourraient être utilisées à des fins pharmaceutiques.
"Comme elle fait véritablement de la recherche fondamentale, ses résultats pourraient être applicables à d'autres plantes agricoles, comme le maïs et la luzerne", précise son directeur de thèse.
La principale intéressée se montre prudente sur les impacts de ses résultats de recherche, mais une chose est sûre : elle va aller jusqu'au bout. "Je peux dire que j'ai trouvé ma voie, et je ne vois pas pouquoi je ferais autre chose." M.W.