La relève est là!

Le Bel Âge

1 mars 2004

Pour guérir différentes maladies, on a besoin de protéines. Où les trouver ? dans les plantes, notamment, comme nous l’explique une jeune chercheuse... dans les patates !

Pour guérir le diabètee, il faut une protéine, l’insuline, que l’on trouvait jusque dans les années 1980 dans les pancréas de beouf et de porc. Aujoud’hui, on utilise des micro-organismes, par example la levure des insulines identiques à l’insuline humaine.

Règle générale, on extrait les protéines de tissus animaux ou humains. Ce qui est peu pratique. C’est pourquoi la science s’évertue à les trouver ou à les produire ailleurs, notamment dans les plantes. Sauf que les plantes ne possèdent pas ces protèines dont on a besoin ! Il faut donc les y implanter. C’est justement ce qu’explore la jeune biologiste de 26 ans Meriem Benchabane, qui vient de remporter le prix Young Scientist Footsteps, décerné par le Conseil de l’information en biotechnologie du Canada.

Meriem Benchabane travaille actuellement sur des protéines que l’on appelle les serpines. Ces serpines pourraient, éventuellement, être utiles pour produire des médicaments capables de traiter des maladies comme l’emphysème, la cirrhose et la maladie d’Alzheimer. «C’est beaucoup plus long est plus compliqué que ce que l’on pourrait croire d’obtenir des protéines stables utiles à des fins médicales, précise Meriem. Mais je suis optimiste !»

Que fait Meriem ? Elle étudie un inhibiteur de protéases, une protéine à l’intérieur de génome de la pomme de terre en vue de produire des serpines en grand quantité. Ensuite, l’industrie pharmaceutique n’aura qu’à extraire les serpines de la pomme de terre et en produire des médicaments.

La jeune biologiste essaie de comprendre comment se comportent les protéines humaines importées chez la plante, quelle est leur stabilité et leur stabilité et leur activité. «Nous pourrions pousser la recherche encore plus loin et imaginer qu’on pourrait bénéficier de la protéine serpine tout simplement en mangeant la pomme de terre !», rêve celle qui contribue peut-être aujourd’hui aux médicaments de demain.

Prudence avec les plantes à protéines !

Les plantes servant à «cultiver» des protéines pour fins médicales, les plantes transgéniques, que certains appellent des plantes mutantes, doivent impérativement pousser à l’écart des autres végétaux. C’est une question de sécurité. Car en transformant le code génétique d’une plante—dans ce cas-ci, la pomme de terre—on produit un organisme nouveau dont on ignore tout du comportement futur. «Il est important de comprendre que pour préserver l’environnement et pour le bien de notre santé, des plantes qui produisent des médicaments doivent être isolées afin d’éviter qu’une molécule active se retrouve dans l’environnement», explique Meriem Benchabane.